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Publi le samedi 16 septembre 2006

Samedi 16 septembre 2006
" Je ne peux pas uriner pour toi " ( ... mon incommensurable stupidité )

                              À mes frères et soeurs en Tradition


     " Il y a longtemps en Chine, vivait un moine du nom de Ken. Ken avait passé des années à pratiquer dans le monastère Ta-Hui mais en dépit d'efforts prodigieux, ne parvenait pas à atteindre l'Éveil. Un jour, son maître lui donna l'ordre d'aller porter un courrier dans la lointaine contrée de Ch'ang Sha. Le voyage aller-retour pouvait facilement prendre six mois. Le moine se dit alors :

       -  Pourquoi faut-il que j'interrompe mes pratiques de méditation ? Qui peut bien avoir le temps de partir pour ce genre de mission ?

     Il voulut prendre conseil auprès de ses aînés et s'adressa au moine Genjoza, qui se mit à rire en écoutant Ken exposer son problème.

       -  En voyage aussi tu peux poursuivre ta pratique du Zen ! Si tu veux, je t'accompagne, proposa-t-il. Et les moines se mirent en route.


     Un jours, alors qu'ils marchaient côte à côte, le jeune Ken éclata en sanglots.


     - Voici des années et des années que je pratique et je n'ai rien atteint du tout. Me voilà maintenant devenu un vagabond, se lamentait-il, je n'ai plus aucun moyen d'atteindre l'Éveil. À ces mots, usant de toute la conviction dont il était capable, Genjoza décida de se mettre à l'entière disposition du jeune moine :

     - Pendant ce voyage, je me chargerai de tout ce que je peux, mais il y a cinq choses que je ne peux pas faire pour toi : je ne peux pas m'habiller pour toi. Je ne peux pas manger pour toi. Je ne peux pas déféquer pour toi. Je ne peux pas uriner pour toi et je ne peux pas revêtir ton corps et vivre à ta place.

     À ces mots, dit-on, le moine Ken s'éveilla de son rêve illusoire et atteignit un grand Éveil, un grand satori. "


     Soko Morinaga, Face à mon incommensurable stupidité - La leçon du Zen - , Le Courrier du livre, Paris 2004, 155 p. ISBN  2-7029-0491-2   Extrait p. 7 et 8.      


      Satori : le mot, composé de coeur et soi-même, signifie l'événement de l'Éveil.


             Le travail a esté mien, le profit en soit au lecteur, à Dieu seul la gloire.


Par zénon • 2006-09-16 17:28:39
Permalien | Tradition



2 Commentaires :

Commentaire crit le mercredi 20 septembre 2006 à 18:31:44 (lien)
spiegel sandgirl - http://soif.blogsome.com/2006/09/20/quoi-faire-et-comment/
Je vais la retenir celle-là. Quoique je craigne que ça ne suffise pas toujours, évidemment, pour favoriser un Satori... Bonjour Christian !


Commentaire crit le lundi 18 septembre 2006 à 08:23:30 (lien)
Fureteur
Frère de Guy Fournier peut-être???


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